20 janvier 2008
La légende de Gustine Maka

Un jour, oh il y a bien longtemps de cela, le jeune Gengoux décida de partir à la cueillette des myrtilles au Bonalfat.
Entouré de quelques amis, il avait apprêté son panier, son peigne à myrtilles et des victuailles destinées au repas de midi.

La petite troupe déambulait joyeuse dans les rues de Vielsalm, les uns devisant gaiement, les autres s’engageant dans des courses-poursuites qui se terminaient immanquablement par de grands éclats de rires.
Le chemin n’était pas bien long pour atteindre la forêt et il ne fallut pas plus d’une demi-heure à nos amis pour pénétrer dans le calme reposant des bois du Bonalfat.
L’air était vivifiant à cet endroit et le soleil, déjà haut dans le ciel, faisait perler quelques gouttes de sueur sur le front de cette belle jeunesse qui s’activait maintenant à chercher les jolis petits fruits violets.
Une partie de la récolte serait mangée, certes, mais l’autre, la plus importante serait monnayée et rapporterait un peu d’argent.

Les buissons de myrtilles étaient disséminés et formaient comme des grosses taches dont le vert brillant tranchait avec le brun sombre de l’humus forestier. Cependant, au fil du temps, l’enthousiasme
de la matinée laissait place sur les jeunes visages à une déception grandissante. Le fait était bien là : plus on avançait dans la journée (et dans la forêt) et plus rares se faisaient les petites baies violacées.
C’est vrai que l’hiver a été rude ! dit Gengoux
Et les gelées tardives ! Ajouta Marie
Il fut décidé à l’unanimité de regagner la bourgade car le soleil avait entrepris depuis longtemps sa course descendante vers l’horizon.
Pressons le pas ! dit encore Gengoux

Le petit groupe avait accéléré l’allure et faisait de grandes enjambées quand brusquement, dans l’obscurité, surgit une ombre ayant forme humaine. Quand celle-ci fut à deux pas des jeunes gens, ils discernèrent une femme courbée et toute ridée qui portait un plein panier de myrtilles. Ils reconnurent Gustine Maka, une vieille du coin , réputée d’après certains, pour ses pratiques de sorcellerie et ses connivences avec le Diable.Tous eurent en bloc un mouvement de recul devant l’apparition puis leurs regards se tournèrent vers le panierfruits tant convoités, étincelants comme des perles d’améthyste sur lesquels les rayons qui débordait des de la pleine lune semblaient se focaliser, comme par magie. Gengoux et ses amis étaient subjugués, pétrifiés. Le temps semblait s’être arrêté. La lumière de la lune cessa subitement d’éclairer le trésor et vint se poser sur le visage de la vieille. Elle eut un sourire ou plutôt un rictus de contentement puis aussitôt son expression se radoucissant, elle dit d’une voix mielleuse
Vino huffler on ptit henna ! et magnî do tchatcha (Venez boire un petit verre et manger du tcha-tcha = myrtilles écrasées)
Les jeunes, rassurés par de si tentantes paroles, mirent tous ensemble la main au panier et se gavèrent littéralement des fruits tant attendus. Le sortilège eut rapidement son effet…
Dans la lueur bleutée et blafarde de l’astre du soir, l’on vit soudain danser et tournoyer sept macralles tandis que le val de Salm commençait à trembler…

Passant ! Garde-toi bien
De t’égarer dans les chemins peu fréquentés.
N’engage ton pas que lorsque tu seras bien assuré
De n’être point observé.
Et toujours, résiste au parfum
Des petites baies violacées
Qu’une vieille grimaçante voudrait te faire goûter !
18 janvier 2008
Présentation...De ma commune Vielsalm

Le passé et le présent
Le passé de notre région vaut lui aussi le détour : des polissoirs néolithiques, une enceinte du temps des Celtes, des traces de l’exploitation de l’or sont les signes d’une occupation très ancienne.
Plus près de nous, le Moyen Age nous a laissé le souvenir d’un château disparu, proche de l’église de Vielsalm, et surtout, les restes d’un château plus récent (14ème siècle) à Salmchâteau : deux tours imposantes, une entrée étroite, un accès malaisé : l’idée que nous avons du château fort est ici réalité !
Le 18ème siècle a marqué notre région de son empreinte : ici, une vieille ferme avec ses murs épais en schiste ou en arkose et son toit en pente faible recouvert de grandes ardoises arrondies que sont les "cherbins" ; là, une église ou chapelle, avec sa légende ; ailleurs encore une gentilhommière, comme égarée dans l’un ou l’autre village...
Quant au 19è siècle, il fut l’âge d’or de la bourgeoisie triomphante : Vielsalm et sa chasse à courre, ses chevaux, ses chiens, ses "pavillons de chasse" aux allures de château, tout cela a laissé ici un souvenir tenace.
L’époque actuelle ne se raconte pas, elle se vit : l’exploitation forestière, les centres de traitement du bois, les écoles, le lac voisin du centre ville, les sites d’accueil des touristes, les routes et leurs encombrements occasionnels...
Non vraiment, Vielsalm ne vit pas dans le passé, même s’il aime s’en souvenir.
Géographie
Vielsalm est une commune de la Haute Ardenne, née de la fusion des anciennes communes de Vielsalm, Grand-Halleux, Petit-Thier et Bihain ; quelques parties de Lierneux, Beho et Arbrefontaine y sont jointes. Vielsalm se situe à la pointe Nord-Est de la province du Luxembourg, formant une poche dans la province de Liège.
Le relief y est varié :
le plateau ardennais est représenté par les environs de la Baraque de Fraiture ou le Grand-Bois ;
la vallée principale est la vallée du Glain plus communément appelée vallée de la Salm, du nom d’un affluent du Glain. Elle est souvent étroite et profonde, mais peut s’ouvrir largement comme à Grand-Halleux.
La géologie de la région de Salm est une des plus remarquables que l’on puisse trouver.
A chaque pas, ou presque, on peut rencontrer des roches rares, voire uniques au monde. On y reconnait la malachite, l’ottrélite, l’ardennite, la vantasselite, on y trouve des cristaux de quartz, de turquoise..., on y a même trouvé de l’or !
Qui ne connait l’ardoise salmienne ? ou l’arkose aux couleurs multiples ? ou encore le célèbre coticule, unique au monde, dont on fait les fameuses "pierres à rasoir" ?
Les cours d’eau donnent vie à de nombreux endroits : longez donc un des ruisseaux qui serpentent dans la campagne ou murmurent en forêt le chant de l’eau, le frémissement du vent dans les arbres, le craquement d’une branche sous le pas d’un chevreuil vous accompagnent... Le pays de Salm peut vous le proposer.
Votre attention vous y fera découvrir mille et une plantes intéressantes : des fougères, des arbres sortis de légende, des fleurs rares, des champignons, des fruits aussi : la framboise ou la myrtille dont on fait alcool et liqueur et que Vielsalm fête chaque année le 21 juillet à grand renfort de tartes... aux myrtilles.
Superficies
Superficie totale : 13.976 Ha ;
Superficie agricole : 3100 Ha ;
Superficie forestière : environ 8200 Ha.
Altitude
Maximale : Baraque de Fraiture, 652 mètres (3ème plus haut sommet de Belgique).
Minimale : Vallée du Glain (Salm) à Grand-Halleux, 300 mètres.
Population
Nombre d’habitants (31 décembre 2000) : 7269.
Densité : environ 49 habitants au km².




